» RAMOS  » Le paradis perdu de Julio Bittencourt

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art / Photo
Date:  2008 - 2012.Location:  Piscinao de Ramos, Rio de Janeiro, Brasil.Description:  Ramos. Credit:  Julio Bittencourt

Avec RAMOS Julio Bittencourt  se sert  de « la photo comme une sorte de mégaphone pour donner la parole aux sans-voix « 

Je suis tombé par hasard sur les photos de Julio Bittencourt, les photos de Ramos, j’ai eu cette montée d’émotion qui pressent derrière l’image une réalité qui vous emmène ailleurs , loin. Ces corps huilés dans une lumière métallique, ce filtre noir bleuté qui donne aux peaux une teinte particulière, Ramos c’est le choc des énergies, des chairs voluptueuses abandonnées aux morsures du soleil avec volupté. On ne pose pas à Ramos, on vit, on oublie dans cette promiscuité joyeuse les quotidiens précaires. L’eau a cette teinte verdâtre qui rappelle un paradis perdu ( Ramos est située près d’une plage polluée de Rio ) très loin des plages de Copacabana, d’Ipanema, des corps body buildés, ou transformés par la chirurgie esthétique, loin des filles et des garçons stéréotypés et sexys et des touristes en mal d’exotisme. La fille d’Ipanema ne s’aventure pas à Ramos comme les plages de Rio ne sont pas à la portée des plus pauvres. Leur paradis c’est cette plage artificielle. Ramos est le Copacabana des plus défavorisés où des milliers de citoyens brésiliens des favélas viennent se baigner et partager leur amour du soleil, de la plage et de la cachaça dans une sphère bondée et polluée.

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©Julio Bittencourt-Ramos

« Piscinao de Ramos » est un lac d’eau salée construite en 2001 dans la banlieue de Rio, en face d’une communauté appelée Ramos. La « grande piscine », comme on l’appelle, est situé sur le côté ouest de la ville et se trouve en face de la célèbre baie de Guanabara, entouré d’environ 15 favelas différentes (bidonvilles) -l’un des régions les plus pauvres de Rio.

Pendant 3 ans Julio Bittencourt a posé sa caméra parmi eux, nous offrant une autre lumière, une autre réalité, d’autres personnages, d’autres corps, sans aucune ironie, sans préjugés, avec un regard tendre il dresse un portrait unique des quartiers nord de Rio un peuple qui goûte au joie de la baignade  » fiers d’avoir un tel espace de loisirs à proximité de leur domicile » il donne la parole à des gens à qui l’on ne la donne pas, les brésiliens en marge.

©Julio Bittencourt-Ramos-informelblog

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©Julio Bittencourt-Ramos

Julio Bittencourt est l’un des plus importants photographes émergents du Brésil. Il a commencé sa carrière en l’an 2000 comme photographe et assistant éditeur de photos pour le journal «Valor Economico» à Sao Paulo. Depuis 2006, il travaille en tant que photographe indépendant,et vit à Sao Paulo. Les projets de Bittencourt ont été exposées dans des galeries et musées à travers le monde et son travail a été publié dans des magazines comme Geo, Stern, Le Monde, The Guardian, Esquire, Photo et Leica World Magazine. En 2008 , il publie son premier livre, Dans une fenêtre de Prestes Maia 911 Building, l’aboutissement d’un projet de trois ans avec les résidents d’un immeuble squatté à Sao Paulo. Julio Bittencourt continue sa lutte avec un autre projet, «Citizen X», sorte de continuation du précédent projet, une sorte de «jeu» entre photographe et photographié, l’idée de Julio Bittencourt est simple : photographier la vie et l’intimité de personnes défavorisées. Julio Bittencourt,  a tout simplement l’intention de montrer la désintégration d’un système qui n’intègre pas ses habitants dans la société comme elle le devrait.

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 » Même si l’on croit que les plages sont l’un des espaces les plus démocratiques, il est le reflet de la société à bien des égards pour ce qu’elle a de bien et de mal. Je  le vois juste comme un comportement humain fondamental. Nous voulons tous « échapper »  à notre vie de tous les jours, ici et là. Entre autres choses, cela est une question de budget pour savoir jusqu’où vous pouvez « fuir »  votre routine. Pour des milliers de Cariocas des banlieues, Ramos est cet endroit »
Julio Bittencourt extrait de propos 
recueillis par Nozlee Samadzadeh pour TNM

Julio Bittencourt, un photographe qui a tout simplement l’intention de montrer la désintégration d’un système qui n’intègre pas ses habitants dans la société comme elle le devrait.

Pour ceux qui sont à Rio cet été, Julio Bittencourt y expose sa dernière série Kamado :

Kamado
Rua Marquês de São Vicente 431A
22451-040 Rio de Janeiro
Brazil

 

 

 

 

2 Comments

  1. Five lemons worth of lemonzest will certainly satisfy my lemon cravings lately ;o)Mary, you always share valuable tips and great recipes, thanks.Flavourful wishes,Claudia

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